Entre frayeur et fête
les jours mouvementés de sœur Marie de la Croix
Mi‑mai, un incident a soudain troublé la paix du monastère. En traversant une allée, sœur Marie de la Croix a chuté lourdement sur le ciment, se blessant à l’arcade sourcilière. Le choc a été brutal : le sang coulait abondamment, et l’inquiétude a gagné les sœurs qui se sont précipitées auprès d’elle. Dans ces moments où tout semble vaciller, la présence d’une sœur compétente et calme devient un vrai don.
La photo a été prise une semaine après l’événement. Il y a encore quelques séquelles de la chute.
Sœur Françoise, notre infirmière, est arrivée aussitôt. Avec une précision douce, elle a nettoyé la plaie, posé des strips pour la refermer, puis des pansements pour protéger la zone. Peu à peu, la tension est retombée. La blessure, impressionnante au premier regard, s’est révélée moins grave qu’on ne l’avait craint. Et sœur Marie de la Croix, fidèle à sa discrétion, a repris sa place dans la vie communautaire, un peu meurtrie mais sereine.
Quelques jours plus tard, un autre événement est venu illuminer la maison. Le 30 mai, nous avons célébré son jubilé de diamant : soixante années de fidélité, de prière, de service humble. La communauté, encore marquée par la frayeur de sa chute, a vécu cette fête comme un signe de grâce : la fragilité d’un instant, suivie de la joie profonde d’une vie offerte. Elle avait fait profession le 30 mai 1966 à Orthez.
La célébration fut simple, belle, lumineuse et surtout fraternelle. Entre la peur d’un soir et la joie d’un jubilé, nous avons traversé ces jours avec gratitude. Et sœur Marie de la Croix continue de marcher parmi nous, avec cette force tranquille qui parle plus que bien des discours.
Les traces de sa chute son presque invisibles lors de son jubilé.
