Monastère des Clarisses de Nérac

Notre histoire

En 1358, l’évêque de Condom, Pierre de Galard, et le pape Innocent VI donnent l’autorisation de fonder le monastère sainte Claire à Nérac, dont la réalisation revient à Bernard, sire d’Albret, et à son épouse Mathé d’Armagnac, dont les deux filles, Marguerite et Cise sont clarisses.

Vue extérieure des cloitres du monastère

Pendant la Révolution, la communauté est dispersée, le monastère, confisqué, est aménagé en hôpital.

En 1935, les clarisses de Bordeaux-Talence envoient un groupe de soeurs à Nérac. Le « Château du Pin » s’est transformé peu à peu en « Monastère du Pin », sous le vocable de « Notre Dame du Sacré Coeur ». Une construction double le bâtiment ancien et le relie à l’ancienne grange devenue chapelle, tandis qu’une ancienne tour-pigeonnier est devenue oratoire à la disposition des visiteurs.

Pierre tombale avec épitaphe

 

En 1560 Destruction du monastère et dispersion des sœurs lors des guerres de religion

-1621, au tournant de la Réforme, le monastère fut dévasté.

En 1638, il fut reconstruit sur ordre de Louis XIII, par l’abbesse Charlotte de Terraube (morte en 1660) qui « le gouverna religieusement 40 ans », dit son épitaphe (voir photo).

Epitaphe pierre tombale de Charlotte de Terraube

Lors de la fondation de notre monastère de Nérac, une des sœurs désignée pour la fondation a écrit à sa famille pour lui donner des nouvelles.

Nous vous donnons, ci-après la lettre envoyée à ses parents

Première lettre de sœur Marie Céleste lors de sa désignation
pour la refondation du Monastère des Clarisses à Nérac

Jardins du monastère
Monastère des clarisses de Nérac
Monastère de Nérac

Dieu seul !                                                    Sainte Claire de Nérac 17 mars 1935
Ave Maria

Ma bien chère Maman, mon bien cher Papa,

J’ai été désignée pour une fondation qui est en train de se faire à Nérac, près d’Agen. Depuis 8 jours à peine j’ai quitté définitivement le Monastère de Talence avec 5 religieuses et mère supérieure (mère vicaire) qui est à la tête de la petite communauté ! Le départ précipité et imprévu pour ainsi dire est un peu la cause du retard apporté à vous écrire, cependant j’avais préparé une bien longue lettre vous annonçant la nouvelle puis le départ pour Nérac a été devancé et j’ai tout laissé tomber. Je m’excuse bien de vous donner du souci. Donc depuis le 9 mars, nous sommes ici heureuses dans ce grand changement.
Monseigneur l’évêque d’Agen nous a désirées pour faire une œuvre magnifique. Il s’agit de relever l’honneur de la vie religieuse et de racheter notre titre de Clarisse. Des religieuses qui s’étaient instituées clarisses ont séjourné quelques temps dans ce même monastère et sont reparties en laissant à la population un bien mauvais souvenir fortement imprimé malheureusement.
Les gens de Nérac (6.000 habitants) avaient été très bons pour elles et maintenant ils sont si mal édifiés qu’il nous faudra être bien généreuses et bien ferventes pour les ramener et gagner leur sympathie. Petit à petit cela viendra et ils se rendront bien compte avec le temps que nous ne ressemblons pas aux religieuses venues en premier lieu. Nous n’avons donc rien à attendre de la population et la fondation est très pauvre. Aussi pour nous aider nous avons décidé d’intéresser toutes les âmes charitables à nous prêter secours pour relever ce Tabernacle. Après, toutes les personnes de Nérac viendront à nous comme nous l’espérons.
Le Monastère est isolé de la ville, un peu en hauteur, dans un terrain de 4 hectares, nous avons du bon air et pour ma part je me trouve bien mieux qu’à Talence, car c’est ici l’air de la campagne.
A part ces avantages, nous ne jouissons que de la pauvreté et des charmes d’une fondation bien rustique. Nous avons passé la semaine à frotter les planchers et à boucher tous les trous car les premiers jours nous avons eu bien froid. Maintenant tout commence à être rangé et après demain nous aurons pour la première fois le Bon Dieu dans un petit oratoire que nous avons aménagé tout exprès en attendant d’avoir une chapelle. Nous ne pouvons y compter pour l’instant ainsi que pour la clôture que nous n’avons pas ici.
Ma chère maman, notre vœu de pauvreté est comblé je crois, mais nous sommes heureuses quand même au service du Bon Dieu et c’est cela que nous sommes venues chercher. Notre très Révérende Mère restera notre mère Abbesse.
Demain, pour la première fois, elle viendra voir l’installation et conduire l’Aumônier, car à partir du 19, en l’honneur de saint Joseph, nous reprendrons notre vie de Talence. Jusqu’ici nous avons dû descendre à l’église pour avoir la Sainte Messe chaque matin. C’est là un grand sacrifice que le Bon Dieu nous a demandé en nous faisant passer la clôture dont nous serons privées longtemps encore. Mère supérieure a reçu le montant des messes qui seront dites ici (les premières).
Je te serais bien reconnaissante de bien vouloir m’adresser tous les honoraires de messe, cela aiderait à assurer celles de l’Aumônier qui sera complètement à nos frais et puis les personnes qui les feront dire auront l’avantage des prières faites à leur intention pendant la Sainte Messe. Tu diras cela à nos parents de Monte Rosso.
Je ne les oublie pas et je demande pour eux bien des grâces en reconnaissance que nous leur devons. Ma chère maman, comme tu as la bonté de m’adresser un paquet de temps en temps, je voudrais te dire de ne pas t’embarrasser à chercher ce qui serai le mieux. Tout nous ferait plaisir ; des marrons, de la farine de châtaigne que nos sœurs aiment beaucoup. Tout ce que tu voudras, fromage, du broccio. Le Bon Dieu te le rendra et te récompensera là-haut. Je te suis bien reconnaissante et je n’oublierais pas tout ce que tu as fait pour moi malgré mon peu de mérite.
Papa voudrait-il m’adresser des graines de chou, de haricot, etc., car dès que nous aurons un peu de temps et que tout sera organisé, nous allons nous mettre toutes à travailler un peu de terre ; cela nous aidera aussi.
Sœur Mathilde et sœur Catherine sont ici puis sœur Marie Bernard dont la sœur, Mlle de la Salle est à la banque de France dans le même service que l’oncle Xavier qu’elle connait bien. Puis sœur Isabelle, la sœur portière de Bordeaux. Chacune de notre côté, nous essayons de faire appel à des âmes charitables pour que cette fondation réussisse selon la volonté du Bon Dieu.
Ma chère maman, tu dois connaître certainement des personnes qui ne refuseraient pas de donner une offrande. Voudrais-tu me rappeler des adresses (ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières) et ainsi nous relèverons ce Tabernacle délaissé. (…)
Malgré ce grand changement et ce désarroi dans lequel nous sommes depuis 8 jours, je ne vous ai pas oubliés, crois-le ; regrettant de n’avoir pas fait partir ma lettre car j’imaginais bien que vous seriez tous inquiets. Ta lettre toute récente me le dit et j’en suis peinée. J’espère que votre santé s’améliore et que les beaux jours aideront un peu à la rétablir. La grippe a séjourné avec nous tout le mois de février, mais j’ai été prise très légèrement.
Maman, veux-tu une recette de cuisine à la mode des Clarisses : soupe d’ortie, oh ! c’est délicieux. Sœur Catherine nous en a fait une et nous avons trouvé cela exquis.
Nos saints fondateurs doivent être bien contents de nous voir si pauvres.
Je pense bien à vous tous, je vous embrasse bien affectueusement de tout mon cœur, votre grande fille qui vous aime.

Chemin du monastère
Dans les jardins du monastère
Vue aérienne du monastère de Nérac