Monastère des Clarisses de Nérac

Halte spirituelle du 9 mars 2025

affiche halte spirituelle

Pour débuter le carême, le monastère était invité à participer à la halte spirituelle qui accompagne par la prière l’appel décisif des catéchumènes. 

Pendant que les catéchumènes avaient leur temps de formation en vue de la cérémonie de l’appel décisif, nous étions sollicitées pour deux interventions sur sainte Claire.

La première de ces interventions fut un diaporama sur la vie de sainte Claire.

Puis la deuxième  intervention fut sur les lettres de sainte Claire à Agnès de Prague

Voici le texte de la seconde intervention

Regarde, médite, contemple, désire imiter

 Bonjour et bienvenue dans cette halte spirituelle à la découverte de Sainte Claire.
Comme Claire, se réjouit et est transportée de joie, à l’annonce de l’entrée de sainte Agnès de Prague, à la suite du Christ, nous aussi, aujourd’hui nous nous réjouissons de votre présence ici.

Nous voici réunis pour une halte spirituelle. Nous nous arrêtons pour nous mettre en présence du Seigneur, avec sainte Claire pour nous conduire.

Quelques jours avant sa mort, sainte Claire demandait à frère Genièvre, le jongleur de Dieu : « Qu’as-tu à m’apprendre de neuf sur le Seigneur ? » (Vie de sainte Claire chapitre 28).

Nous allons essayer de découvrir ensemble, ce que Claire à de neuf à nous apprendre pour notre vie aujourd’hui.

A travers ses lettres à Agnès de Prague, nous découvrons les divers centres d’intérêts de Claire. Ce qui remplissait sa vie de joie, si bien qu’à la fin de sa vie elle dira :
« Pars mon âme en toute sécurité, car Tu as un bon guide pour la route, pars car Celui qui T’as créée, T’as aussi sanctifiée. Il t’aime d’un tendre amour comme une mère aime ses enfants. Et Toi, Seigneur, sois béni de m’avoir créée. »

Claire avait une âme de feu. Un amour brûlant s’était emparé de son cœur. Et elle alimentait la flamme tous les jours de sa vie.
Dans sa quatrième lettre à Agnès de Prague, elle dira :
« Ne vas surtout pas croire que l’amour brûlant risque de s’éteindre en mon cœur. »

et un peu plus loin dans sa lettre :
« La langue du corps est impuissante à exprimer l’affection de mon cœur ; c’est celle de l’esprit qui doit l’exprimer et parler.

Dans les lettres à Agnès de Prague qui nous sont parvenues, elle nous livre le secret de son cœur. Ce qui a rempli sa quête chaque jour de sa vie à Saint Damien.

Dans la deuxième lettre à Agnès de Prague, écrite entre 1235 et 1239, Claire rends grâce à Dieu des vertus dont Dieu à ornées Agnès. Elle se réjouit de tout cela et l’invite à aller de l’avant, à poursuivre sa course à la suite du Christ pauvre et crucifié. Elle lui dit :
« Puisqu’une seule chose est nécessaire, je m’y bornerai et je t’y exhorterai pour l’amour de Celui à qui tu t’es offerte comme une hostie sainte et agréable. »

Nous voyons comment Claire s’y prend pour encourager à aller de l’avant. Elle commence par rappeler le don qu’Agnès à fait d’elle-même. C’est une chose nécessaire, et même la seule néc

Elle redira la même chose dans son Testament :
« La plus grande de toutes les grâces que nous avons reçues et que nous recevons chaque jour de notre grand Bienfaiteur, le Père des Miséricordes, celle dont nous devons lui être le plus reconnaissantes, c’est notre vocation. »

Et elle ajoute :
« Prenez conscience de votre vocation ! »
Toujours faire mémoire de notre vocation. Qu’est-ce qui me met ou m’a mis en route ? Pourquoi ? Comment continuer à avancer sur ce même chemin ? Voilà des questions importantes pour Claire. Elle continue son encouragement en disant :

« Ce que tu fais, fais-le bien ; ne recule jamais. »

Faire attention à ce que je fais, comment, y mettre tout mon cœur, mon être, sans regarder en arrière. Toujours aller de l’avant. C’est pourquoi elle dit ensuite :
« Hâte-toi au contraire et cours d’un pas léger, sans achopper aux pierres du chemin, sans même soulever la poussière qui souillerait tes pieds. »
C’est une course que Claire et Agnès ont entrepris. La course à la sainteté, à la vie avec le Christ, à sa suite.
« Va confiante, allègre et joyeuse. Avance avec précaution cependant sur le chemin du bonheur. »

Claire n’ignore pas que la vie à la suite du Christ, n’est pas facile tous les jours, surtout lorsque l’on a choisi la pauvreté. Mais au sein de la tribulation, Claire expérimente une Confiance et une sécurité, en aimant Celui pour qui elle n’a pas refusé de tout quitter en le suivant. C’est pourquoi elle dira dans son Testament :
« Nous étions faibles et fragiles de corps, et pourtant ni les privations ni la pauvreté ni l’effort ni les épreuves ni l’austérité ni le mépris des gens du monde ne nous faisaient reculer, mais nous y trouvions au contraire notre joie. »

Pour cela, Claire continue en disant à Agnès :
« Ne te laisse pas détourner de ta vocation, entraver ta course, et t’empêcher d’être fidèle au Très-Haut dans l’état de perfection où l’Esprit du Seigneur t’a appelée. »

La raison que Claire donne à Agnès est la suivante :
« C’est au Christ pauvre que, vierge pauvre, tu dois rester attachée. »

La suite du Christ que Claire nous enseigne est celle du Christ pauvre et elle continue en montrant ce qu’a accepté notre Seigneur Jésus Christ pour nous durant sa vie. Claire se fait plus précise dans sa description du Christ :

« Vois comme il s’est rendu, pour toi, objet de mépris, et suis-le en te faisant, toi aussi, par amour pour lui, objet de mépris pour le monde.
Ton époux, le plus beau des enfants des hommes, qui est devenu pour te sauver, le dernier des humains, méprisé, frappé, tout le corps déchiré à coups de fouets, mourant enfin sur la croix dans les pires douleurs »

Et là, suite à cette description de la Passion de notre Seigneur Jésus Christ, elle donne ce conseil à Agnès :
« Regarde-le, médite-le, contemple-le, et n’aie d’autre désir que de l’imiter ! »

Nous voyons ici, ce qui doit faire l’objet de notre regard, de notre méditation, de notre contemplation, et nous pousse à agir dans le sens où nous a conduit notre contemplation.

Mais tout d’abord que veux nous dire Claire lorsqu’elle nous dit regarde, médite, contemple et désir imiter.

 

essaire. Puis elle continue :
« Souviens-toi de ta vocation et, comme une seconde Rachel, remets-toi toujours en mémoire les principes de base qui te font agir. »

 

 

Regarde

Ce terme employé par Claire signifie entrer dedans, comprendre de l’intérieur. Il évoque une intensité, celui de fixer à l’intérieur. Claire ne commence pas par la lecture des Ecritures, mais par le Regard sur le livre du Christ Crucifié. Cela nous rappelle la rencontre de François avec le Christ Crucifié à Saint Damien et que Claire contemplera tous les jours de sa vie à Saint Damien.
Claire nous invite à regarder Jésus avec attention, intérêt, longuement. Un regard aimant, passionné, de gratitude et de douleur envers Celui qui est là sur Croix. Le Crucifié possède une beauté cachée, qui est celle de l’amour qui va jusqu’au bout du Don de Soi.


Médite

Claire emploie le mot considère. Le terme vient de étoiles et avec. Mettre ensemble les étoiles. Cela va au-delà de ce que nous voyons en tenant ensemble les choses.
Claire veut dire s’arrêter longuement sur le mystère du Verbe incarné qui souffrit et fut crucifié par amour pour nous. Elle nous invite à goûter la douceur cachée de Dieu en ce mystère ; ressentir ce que ressentent ses amis ; faire l’expérience de l’amour du Dieu caché dans la chair, qui fut fouetté, meurtri et battu.

Contemple

La contemplation est une vision pénétrante et conduit à la transformation.

La considération du Christ crucifié devrait donc nous conduire, comme Claire, à la contemplation, pour demeurer dans ce mystère de Dieu avec nous et pour devenir un avec cet Epoux.
La contemplation est le regard pénétrant avec les yeux du cœur qui voit la vérité des choses, ou, nous pourrions dire, qui voit la bonté surabondante de Dieu dans la réalité concrète. Pour les Franciscains, tout ce qui existe, chaque personne, plante et créature, tout est créé par la bonté infinie de Dieu et exprime cette bonté par la propre existence.
La contemplation est donc une vision pénétrante, mais c’est aussi un approfondissement d’amour, une action continuelle de transformation, puisque rien n’est plus libérant et actif que l’amour.

Désire imiter

En dressant la carte de l’itinéraire spirituel à Agnès, Claire indiqua que le but de l’union avec Dieu, c’est l’imitation (cf 2Lag 20). L’imitation du Christ est le fruit de la prière. La prière est un approfondissement d’amour en union avec Dieu et l’amour façonne ce que nous devenons, cela signifie devenir l’image du Bien Aimé à travers notre transformation intérieure.

Nous allons découvrir maintenant quels étaient les principaux thèmes que Claire utilisait dans sa prière, pour la conduire à l’imitation du Christ.

La Pauvreté et l’humilité du Christ

Tout d’abord, c’est la Pauvreté du Christ, et donc notre pauvreté. Le pourquoi de cette pauvreté, ces raisons.
Dans la 1ère lettre à Agnès elle lui dira :
« Vous avez repoussé tout cela (le mariage royal) et plutôt choisi, de tout votre esprit et de tout l’élan de votre cœur, la très sainte pauvreté et le dénuement du corps »

« Ô bienheureuse pauvreté qui, à ceux qui la chérissent et l’embrassent, procure les richesses éternelles ! »

« Ô sainte pauvreté ! A ceux qui l’ont et la désirent, Dieu promet le royaume des cieux et offre sans l’ombre d’un doute la gloire éternelle et la vie bienheureuse. »

« Ô pieuse pauvreté qu’a daigné embrasser par-dessus tout le Seigneur Jésus Christ, qui régissait et régit le ciel et la terre, qui a dit, et cela fut fait ! »

Nous voyons ici, les raisons que donne Claire. Tout d’abord, ce doit se faire par choix. Claire nous dit que c’est de tout l’élan de notre cœur que ce choix doit être fait. Cela demande une participation volontaire forte.
De plus, une deuxième raison que donne Claire, c’est celle qui nous procure des richesses éternelles, le Royaume des Cieux, la gloire éternelle et la vie bienheureuse.
Et la troisième raison, est parce que le Christ lui-même à choisi ce genre de vie pauvre. C’est pour imiter le Christ, lui qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, que Claire à la suite de François à choisi ce chemin de la pauvreté.

Dans la 2ème lettre à Agnès, Claire insiste encore auprès d’Agnès sur la nécessité de la Pauvreté :
« Vivre toujours en parfaite pauvreté »

« Pratiquer la très sainte pauvreté »

« C’est au Christ pauvre que, vierge pauvre, tu dois rester attachée »

Dans sa 3ème lettre à Agnès, Claire reprendra l’idée d’imitation en ajoutant une autre idée qui est celle de l’humilité du Seigneur Jésus Christ :
« J’y vois une imitation du Christ pauvre et humble. »

« Particulièrement son humilité et sa pauvreté »

Claire compare ainsi la pauvreté du Christ et donc celle qu’elle nous invite à suivre comme un trésor caché. Trésor caché ou perle rare recherchée, que le Christ nous montre que celui qui trouve ce trésor vend tout ce qu’il possède pour acquérir ce trésor :

« Le royaume des Cieux est comparable à un trésor caché dans un champ ; l’homme qui l’a découvert le cache de nouveau. Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède, et il achète ce champ. » (Mt 13,44)

Dans sa 4ème lettre, Claire compare la pauvreté, l’humilité du Christ et son amour à un miroir dans lequel on peut se regarder pour nous laisser transformer. Cette transformation c’est la ressemblance avec le Christ :
« Ce miroir reflète la bienheureuse pauvreté, la sainte humilité et l’ineffable amour : c’est là que tu pourras découvrir, avec la grâce de Dieu, sur toute la surface de ce miroir. »

La vie du Christ

Un autre sujet très important dans la vie de prière, c’est le regard, la méditation, la contemplation, et l’imitation du Christ, concrètement dans ce que nous découvrons de sa vie dans les Evangiles. Claire parle de divine inspiration à vivre le Saint Evangile :
« Si une femme, par l’inspiration divine, veut embrasser cette vie et vient à nous » (RgCl 2,1)

L’incarnation

Claire aime prier avec l’Incarnation du Christ. Claire fut fidèle à l’esprit de François et à son désir de vie évangélique. Elle a mis l’accent sur l’Incarnation comme la révélation de Dieu et le chemin pour le rencontrer. A ce propos, la vie de Claire nous dit :

« Un jour, pendant un sermon de frère Philippe d’Adria, un très bel enfant vint se placer au côté de sœur Claire et, durant une grande partie de la prédication il lui fit mille grâces et mille gentillesses. »
Elle dira dans la 1ère lettre à Agnès :

« Si donc un si grand et un tel Seigneur, venant dans le ventre d’une vierge »

Et dans la 3ème lettre :
« Elle, la Vierge Marie, pourtant, l’a contenu dans le petit cloître de son ventre et l’a porté dans son sein virginal. »
La contemplation de Claire est très concrète. Elle regarde effectivement le Christ et Marie dans ce mystère de l’Incarnation. Puis elle donne ce conseil à Agnès :

« Attache-toi à cette très douce Mère qui a mis au monde cet enfant que les cieux ne pouvaient contenir. »

Elle reviendra dans la 4ème lettre sur ce qui doit faire l’objet de notre contemplation au sujet de l’Incarnation :
« En haut du miroir, en effet, voici la pauvreté de l’Enfant couché dans la crèche et enveloppé de quelques méchants langes, »

« Humilité admirable et stupéfiante pauvreté : le Roi des anges, maître du ciel et de la terre, repose dans une mangeoire d’animaux ! »

Comme nous le voyons, Claire est émerveillée de ce mystère de l’Incarnation où le Fils de Dieu repose dans une mangeoire d’animaux. Elle contemple l’humilité et la pauvreté du Christ.

La vie publique du Christ

Claire dans ses écrits parle peut de la vie publique du Christ. Mais les deux passages où elle en parle sont toujours en relation avec notre rédemption, notre réconciliation avec le Père. Dans la 1ère lettre elle écrit :

« Nous réconciliant avec Dieu le Père. »

Et dans la 4ème lettre :

« Au milieu du miroir, considère l’humilité, c’est-à-dire la bienheureuse pauvreté, les fatigues sans nombre et les injures qu’il a subies pour la rédemption de l’humanité. »

Nous y voyons les souffrances du Christ en lien avec notre salut.

La Passion du Christ

C’est tout simplement le sujet préféré de la contemplation de Claire. Celui au sujet duquel elle s’étend le plus. Nous ne regarderons pas toutes les citations. En voici quelques-unes :

« Il a pour nous tous enduré la passion de la croix, nous arrachant au pouvoir du Prince des ténèbres »

« Vois comme il s’est rendu, pour toi, objet de mépris, et suis-le en te faisant, toi aussi, par amour pour lui, objet de mépris pour le monde »

« Aime de tout ton être Celui qui, par amour pour toi, s’est aussi donné tout entier »

« Enfin, au bas du miroir, contemple l’ineffable amour qui l’a conduit jusqu’à vouloir souffrir sur le bois de la croix et à vouloir y mourir du genre de mort le plus infamant qui soit. »

Les souffrances du Christ dans sa Passion, sont l’objet de sa méditation, de sa contemplation. Elle y voit tout le mystère et la cause de notre salut qui par amour est allé jusqu’au bout du don de soi.

Vie à la suite du Christ, combat

Claire nous enseigne que la vie à la suite du Christ est un combat qu’il faut poursuivre toute la vie.
Dans la 1ère lettre à Agnès elle donnera ces conseils :

« Lorsqu’on chérit une chose temporelle, on perd le fruit de la charité »

L’importance de la pauvreté pour une plus grande charité. Puis elle continue :

« Vous avez rejeté vos vêtements, c’est-à-dire les richesses temporelles, pour que vous ne puissiez absolument pas succomber à l’adversaire et que vous puissiez entrer dans les royaumes célestes par la voie resserrée et la porte étroite. »

Dans sa 2ème lettre à Agnès elle fera allusion à un passage de la 2ème lettre de saint Paul à Timothée (2,12-13)

« Si tu souffres avec lui, tu règneras avec lui ; si tu pleures avec lui, tu partageras sa joie ; si tu meurs avec lui au milieu des tortures de la croix »

Dans la 3ème lettre elle écrit encore :

« Tu triomphes d’une manière terrible et surprenante des ruses de l’ennemi, de l’orgueil qui a jeté tout le genre humain dans sa perte, de la vanité qui sème la folie au cœur de l’homme ; tu en triomphes avec cette admirable sagesse que tu sembles tenir de la bouche même de Dieu »

« Je te considère comme une auxiliatrice de Dieu même, comme le soutien et le réconfort des membres abattus de son Corps ineffable. »

« Qui ne se détournerait avec horreur de l’ennemi du genre humain et de ses ruses : il fait miroiter à nos yeux le prestige de gloires éphémères et trompeuses, et s’efforce par-là de réduire à néant ce qui est plus grand que le ciel. »

Et pour finir sur ce sujet elle écrit dans la 4ème lettre :

« Tu as délaissé toutes les vanités du monde pour t’unir de façon incomparable à l’Agneau sans tâche qui efface les péchés du monde. »

Nous voyons, le combat auquel Claire nous invite à la suite du Christ. C’est le combat contre tous nos égoïsmes, nos péchés. Il nous demande de triompher avec l’aide du Christ contre l’ennemi du genre humain. C’est un travail de toute une vie.

Promesses de la vie à la suite du Christ

Ce combat est pour nous promesses de vie. C’est pourquoi Claire encourage si fortement Agnès, comme elle nous encourage à avancer de tout notre cœur à la suite du Christ. Dans la 1ère lettre elle écrit :

« Ceux qui souffraient d’une extrême pénurie de nourriture céleste, deviennent riches en lui par la possession des royaumes célestes »

Ce que nous promet Claire sont les promesses même de notre Seigneur Jésus Christ.

« Renoncer aux biens temporels pour les biens éternels, de mériter les biens célestes en échange de ceux de la terre, de recevoir cent pour un et de posséder la vie bienheureuse pour l’éternité. »

Dans la 2ème lettre Claire emploie d’autres images pour exprimer le bonheur de suivre le Christ et les promesses de vie :

« Ton nom sera inscrit au livre de vie et deviendra glorieux parmi les hommes »

« Tu participeras pour toujours et dans l’éternité à la gloire du royaume des cieux pour avoir abandonné des biens terrestres et éphémères »

« Et tu vivras dans les siècles des siècles. »

Dans la 3ème lettre Claire parle du bonheur de l’union avec notre Seigneur :

« L’âme d’un fidèle, qui est la plus digne de toutes les créatures, est évidemment rendue par la grâce de Dieu plus grande que le ciel »

« Ce Créateur, que les cieux immenses et toutes les autres créatures ne peuvent contenir, l’âme du fidèle à elle seule devient son séjour et sa demeure ; »

Contenir en soi le Christ, et la Trinité tout entière. Voilà ce que l’union à Jésus Crucifié nous offre.
Elle continue donc à nous encourager dans cette quête spirituelle. S’unir de tout notre cœur au Seigneur Jésus Christ.

« Celui qui m’aime, mon Père l’aimera, moi aussi je l’aimerai, et nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure. »

« Tu pourras contenir en toi Celui qui te contient, toi et tout l’univers ; »

Le but de toute la vie de Sainte Claire fut cette union de tout son être à Jésus. Son cœur s’est élargi, dilaté toujours plus par l’amour qu’elle porte à Jésus Crucifié. Dans la 4ème lettre elle ira encore plus loin dans cette union.

« Mire-toi continuellement pour savoir comment revêtir, intérieurement et extérieurement, tes plus beaux atours, »

« Comment te parer des fleurs de toutes les vertus et des ornements qui conviennent à ta qualité de fille et d’épouse chérie du Grand Roi. »

Contemplation, Transformation

Le dernier thème qui est cher à Claire est celui de la contemplation et de la transformation. De la contemplation qui mène à la transformation intérieure de tout son être

Pour Claire, la pauvreté est la clé de la Transformation spirituelle. Pour Claire, la pauvreté est liée à l’amour et à la perfection de l’amour qui est beauté. La pauvreté soutient la liberté à l’intérieur du cœur pour regarder l’Epoux et pour embrasser intérieurement l’Epoux. De cette façon, la pauvreté prépare la chambre pour l’amour qui nous rend beaux, car semblables au Christ. L’amour déplace tout ce qui cache la beauté de l’image de Dieu à l’intérieur de nous, nous transformant en la présence du Dieu vivant.

Voici ce qu’en dit sainte Claire dans la 3ème lettre :

« Sans accorder même un seul regard à toutes les séductions trompeuses par lesquelles le monde enchaîne les pauvres aveugles qui s’attachent à lui, »

« Aime donc plutôt de tout ton être Celui qui, par amour pour toi, s’est aussi donné tout entier, »

Et dans la 4ème lettre à Agnès elle renchérit :
« Celui dont l’amour rend plus heureux et la contemplation plus fort, »

« Celui qui nous comble de sa bonté, qui nous imprègne de sa douceur, et dont le souvenir est si lumineux et si doux à notre âme, »

« Celui dont le parfum fait revivre les morts et dont la vision comble de bonheur les habitants de la Jérusalem céleste, »

« Puisqu’il est la splendeur de la Gloire éternelle, »

« L’éclat de la Lumière sans fin et le miroir sans tache. »

« Contemple chaque jour ce miroir, ô reine épouse de Jésus Christ, »

« Puisses-tu, reine du Roi du Ciel, être chaque jour davantage embrasée de la ferveur de cet amour ! »

« Contemple encore l’indicible bonheur, les richesses et les honneurs sans fin qu’il procure, »

« Et tu lui crieras, de toute l’ardeur de ton désir et de ton amour : »

« Prends-moi avec toi, mon époux céleste, je te poursuis sur la trace de tes parfums. »

La vie d’union avec Jésus Christ nous dit sainte Claire va jusqu’à cette intimité. Elle est pour tous ceux qui veulent le suivre.

Conclusion

Que pouvons-nous tirer de ces leçons reçues de Claire et pour notre Carême, notre vie toute entière. Bien sûr, Nous ne pouvons pas tous imiter Claire dans tout ce que nous avons découvert. Mais il y a des pistes qui peuvent être suivies par tous les chrétiens.

J’en vois plusieurs.
Et tout d’abord, celui qui me semble le plus important, c’est le désir de Dieu, le désir d’imitation du Christ. Un prêtre que j’ai connu, qui est décédé depuis, disait dans ses conférences : « Ami n’arrête pas ton désir ». Et voilà ce à quoi nous sommes appelés, que ce désir de Dieu grandisse toujours de plus en plus en chacun de nous, là où nous sommes appelés à vivre. Comme le Christ, comme saint François et sainte Claire mettre le feu au monde, ce feu que le Christ lui-même à désirer :
« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !» (Lc 12,49)
La Vie en fraternité. Pour Claire, nous l’avons vu, la recherche de Dieu ne se sépare pas des autres. La fraternité à un très grand rôle, elle est le lieu de vérification authentique de notre amour pour Dieu. Comment aimer Dieu, si on n’aime pas son frère, sa sœur qui est là à côté de nous. Et là nous avons toujours à nous convertir, pour accepter l’autre tel qu’il est avec ses richesses et ses fragilités et même avec son péché. S’aimer aussi soi-même, car nous ne sommes que des créatures, mais des créatures à l’image et à la ressemblance de Dieu. Aimés à la folie de l’Amour.
La Profession de Foi. Les textes de ce premier dimanche de Carême, nous invite à une profession de foi : Profession de Foi du peuple de Dieu entré dans la terre promise et qui rend grâce à Dieu en Lui offrant les prémices de ses récoltes.
« Le Seigneur nous a fait sortir d’Égypte à main forte et à bras étendu, par des actions terrifiantes, des signes et des prodiges. Il nous a conduits dans ce lieu et nous a donné ce pays, un pays ruisselant de lait et de miel. Et maintenant voici que j’apporte les prémices des fruits du sol que tu m’as donné, Seigneur. »
Quelles prémices puis-je apporter au Seigneur, quels fruits à lui rendre en action de grâce pour ses dons reçus.
La Profession de Foi de Paul en Jésus Christ :
« Si de ta bouche, tu affirmes que Jésus est Seigneur, si, dans ton cœur, tu crois que Dieu l’a ressuscité d’entre les morts, alors tu seras sauvé. Car c’est avec le cœur que l’on croit pour devenir juste, c’est avec la bouche que l’on affirme sa foi pour parvenir au salut. »
Importance de notre attachement au Seigneur comme nous l’avons vu pour Claire.
La Profession de Foi de notre Seigneur Jésus Christ devant le Tentateur :
« Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain. C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à lui seul tu rendras un culte. Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ces trois réponses de Jésus devant les tentations qui parfois nous séparent de son Amour, sont des professions de Foi que nous pouvons redire et prendre comme exemple pour notre vie.
Etre des sources de Lumières pour notre entourage, notre monde. Ces Lumières que nous recevrons à Pâques lorsque nous célèbrerons la Résurrection de notre Seigneur Jésus Christ.
Et cela en allant au désert, pas uniquement comme l’a fait Claire par une vie de reclusage, mais en prenant du temps personnel pour la prière, pour méditer sur la vie de notre Seigneur Jésus Christ, sur sa Passion.
Prendre la décision de vivre de l’intérieur la célébration eucharistique qui me permet de recevoir le Pain de la Parole et le Pain Eucharistique. Faire l’expérience que là Dieu veut me parler cœur à cœur, même si je ne sens rien. Me rendre attentif, attentive à ce que l’Esprit Saint me dira, me fera comprendre.
Par le Jeûne et l’aumône qui purifient le regard et le cœur en l’ouvrant à Dieu, aux autres et à soi-même.
Et tout cela le regard du cœur toujours tourné vers notre Seigneur Jésus Christ qui nous révèle le Père.